Comment prendre mon traitement tous les jours ? Quels sont les événements indésirables les plus associés à l’anticoagulation orale ?



Les anticoagulants sont des médicaments qui fluidifient le sang. Ils agissent directement sur le sang. Il est donc fondamental de bien respecter certaines règles au quotidien1 :

1- Le traitement doit être pris tous les jours à la même heure.

  • Pour les antivitamines K (AVK), il est préférable de le prendre le soir.
  • Pour les anticoagulants oraux directs (AOD), l’efficacité de certains produits peut interférer avec la prise d’aliments, aussi, renseignez-vous auprès de votre médecin pour définir l’heure la plus adaptée à la prise du médicament.

2- Le nombre de prises par jour doit être bien respecté : celui-ci est indiqué sur l’ordonnance transmise par votre médecin.

3- La dose prescrite par le médecin doit être bien respectée.

4- Le traitement anticoagulant ne doit jamais être interrompu spontanément. Cela expose fortement à un risque d’embolie ou d’AVC. Le traitement peut être remplacé ou suspendu sur avis médical uniquement.

 

Quelques conseils pour bien suivre son traitement anticoagulant

  • N’hésitez pas à utiliser des pense-bêtes : ceux-ci peuvent être placés dans des endroits du quotidien, par exemple sur le réfrigérateur ou peuvent être enregistrés sur un téléphone portable.
  • Nous vous recommandons également d’inscrire sur les boîtes des médicaments les jours et les heures de prise des médicaments, de manière à faciliter la mémorisation et limiter les oublis.
  • Vous pouvez éventuellement vous procurer un pilulier, notamment en cas de prise de plusieurs médicaments.

Quels sont les événements indésirables1 les plus souvent associés à l’anticoagulation orale ?

Le risque principal associé à un anticoagulant, quel que soit le médicament, est la survenue de complications hémorragiques (saignements).

Sous anticoagulant, les hémorragies sont à la fois plus fréquentes et plus graves.

Cet effet secondaire est totalement lié au mode d’action des anticoagulants qui ralentissent la coagulation du sang. Le but recherché est la diminution de la formation des caillots chez les personnes traitées. Cela peut entraîner la survenue d’hémorragies, soit à la suite de coupures ou de traumatismes, soit spontanément, comme pour les saignements digestifs ou plus grave les saignements intracérébraux (hémorragie cérébrale). Sous anticoagulant, les hémorragies sont à la fois plus fréquentes et plus graves.

Les facteurs clés à surveiller pour éviter les événements indésirables

Pour les patients traités par AVK, il est indispensable de surveiller le niveau de coagulation du sang par la mesure de l’INR. La surveillance habituelle des patients a montré qu’avec ces traitements, plus d’un tiers des patients ont un sous dosage d’AVK (INR inférieur à 2). Ils sont donc exposés à un risque d’inefficacité du traitement, ou ont un surdosage d’AVK (INRsupérieur à 3) et sont donc exposés à un risque hémorragique. Aussi, il est essentiel de bien mesurer et de connaître votre INR.

Concernant les patients traités par anticoagulant oral direct (AOD), il n’est pas nécessaire de surveiller l’INR. Toutefois, il est nécessaire de bien contrôler le fonctionnement des reins ou fonction rénale. Un test de la fonction rénale doit être réalisé à l’initiation du traitement et au moins une fois par an.

Les signes d’alerte d’un événement indésirable

Dans tous les cas, un saignement, même mineur, doit attirer votre attention : saignement de nez, saignement des gencives, dans les urines, saignements gynécologiques.
Par ailleurs, vous devez également être très vigilant aux signes ci-dessous :

  • La survenue de selles noires,
  • Des vomissements sanglants,
  • Des hématomes survenant spontanément au niveau de la peau sans traumatisme,
  • Des saignements inhabituels au niveau des gencives,
  • Une fatigue inhabituelle associée à une accélération de la fréquence cardiaque,
  • Une pâleur importante.

 

Les conduites à tenir

En cas de saignements, vous devez demander en urgence une consultation médicale.

Si les saignements ne s’arrêtent pas ou s’ils sont abondants, ou encore si les symptômes peuvent faire craindre une hémorragie interne : essoufflement anormal, maux de tête non soulagés par les traitements habituels, malaise inexpliqué, faites-vous conduire au Service des Urgences le plus proche.

Comment minimiser le risque de saignement ?

Vous pouvez prendre certaines précautions pour réduire le risque de saignement :

  • Vous devez faire très attention en utilisant des objets pointus du quotidien : couteaux, ciseaux, coupe-ongles, etc.
  • Il est recommandé de se servir d’un rasoir électrique plutôt qu’un rasoir manuel
  • Il est également conseillé d’utiliser une brosse à dents souple
  • Vous ne devez pas vous-même vous retirer des cors ou des cals

 

LE CONTRÔLE BIOLOGIQUE

Selon le traitement anticoagulant que vous utilisez, la nécessité d’un contrôle biologique est différente.

  • Si vous êtes sous AVK, il est indispensable de surveiller régulièrement le niveau de coagulation. Grâce à une prise de sang, on calcule l’INR (International Normalized Ratio). L’INR se traduit par un chiffre qui doit, en général, être compris entre 2 et 3. Si l’INR n’est pas compris dans cette fourchette, le médecin pourra éventuellement adapter le traitement. En début de traitement, les mesures sont très rapprochées (2 fois par semaine) afin de trouver la dose d’AVK (posologie) qui vous est la plus adaptée. Ensuite, ce contrôle peut être espacé progressivement jusqu’à un intervalle maximal de 1 prise de sang par mois.
  • Si vous êtes sous AOD, un contrôle biologique régulier de la coagulation du sang n’est pas nécessaire. Toutefois, à l’initiation du traitement, et au moins une fois par an, il est nécessaire d’évaluer le fonctionnement des reins (fonction rénale).

SI VOUS ÊTES SOUS AVK, IL EST INDISPENSABLE DE SURVEILLER RÉGULIÈREMENT LE NIVEAU DE COAGULATION.

LES INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

Ne prenez jamais d’autres médicaments sans avis médical.

Les anticoagulants oraux ont en effet des interactions médicamenteuses pouvant augmenter ou diminuer les effets du traitement voire provoquer des effets secondaires.

Par ailleurs, des contre-indications existent. Il est donc fondamental que vous signaliez à votre médecin que vous êtes sous traitement anticoagulant afin que ce dernier vérifie l’absence d’interaction entre les médicaments pris.

Si vous avez récemment pris un autre médicament, y compris un médicament obtenu sans ordonnance même pour une cause banale telle que la fièvre ou une douleur, parlez-en à votre médecin. En effet, la prise de certains médicaments comme l’aspirine ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens augmentant le risque hémorragique. Ils sont déconseillés chez les patients sous anticoagulants.

 

LES INTERACTIONS ALIMENTAIRES

Concernant les interactions alimentaires, la situation diffère selon le traitement anticoagulant prescrit par votre médecin.

  • Si vous êtes sous AVK : certains aliments sont particulièrement riches en vitamine K et peuvent donc interférer avec votre traitement comme les brocolis, la laitue, les épinards, les choux, les choux fleurs, les choux de Bruxelles et les asperges. Ces aliments ne sont pas interdits mais ils doivent être répartis dans l’alimentation de manière régulière et sans excès.
  • Si vous êtes sous AOD : il n’y a aucune restriction alimentaire.

L’IMPORTANCE DE L’HYDRATATION

Certains événements aigus comme la fièvre, la diarrhée, un coup de chaleur, la diète hydrique ou des sueurs ont une influence sur l’hydratation du patient et peuvent élever la créatinine. Aussi, il est essentiel, si vous êtes confrontés à ce type d’événement, de penser à vous hydrater et à boire régulièrement.

QUE FAIRE EN CAS D’OUBLI ?

Ici encore, la réponse dépend du traitement anticoagulant que vous suivez. Mais quelle que soit la situation, il ne faut jamais doubler la prise du médicament.

  • Si vous êtes sous AVK : vous pouvez prendre la dose oubliée dans un délai de 8 heures après l’heure habituelle de prise. Si l’oubli survient peu de temps avant le contrôle de l’INR, le médecin, ainsi que le laboratoire doivent être prévenus afin d’éviter toute erreur dans le calcul de l’INR.
  • Si vous êtes sous AOD : cela dépend du moment auquel vous avez constaté l’oubli et du traitement qui vous a été prescrit. La dose oubliée peut éventuellement être prise. Le médecin pourra vous indiquer le délai dans lequel le médicament peut être pris après un oubli. Passé ce délai, il faut attendre la prise suivante.